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Une stagiaire raconte son périple au Sénégal
Sommes-nous au pays de la cacahuète, de la thiéboudienne et des boubous en couleur ? Il n’y a aucun doute lorsqu’on regarde autour de soi au Sénégal. La population arbore un sourire invitant, les hommes nous abordent avec une conversation accueillante et les femmes s’affichent d’une manière à la fois affriolante et décidée.
Mais si l’œil s’intéresse d’une manière plus avertie, on conçoit aisément que la réalité quotidienne de cette population est bouleversante : l’inaccessibilité de plusieurs ressources, due à leur mauvaise répartition, nuit à leur volonté de s’organiser afin de minimiser la pauvreté.
Le stage dans lequel j’ai pris part avait pour thème le droit des femmes et la démocratie participative pour un développement durable. Dans un pays à 90 % musulman, le rôle de la femme est déterminé par la religion, les cultures et les traditions. Ces trois facteurs encadrent la femme dans une structure sociale stricte où son rôle d’épouse, de co-épouse ou de mère la confine dans un espace économique et domestique restreint. C’est dans ce contexte que je me suis engagée, avec cinq coéquipiers, à vivre le quotidien de femmes sénégalaises, qui brandissent haut et fort leur volonté.
Et quel quotidien ! Là-bas, le travail de la femme est essentiel à la vie familiale. Tout se fait à la main : la longue préparation des repas, avec brûleur et pilon, les travaux ménagers, l’eau à aller chercher au puits, les achats faits quotidiennement à cause du manque de moyens de conservation, etc. Même si de plus en plus de femmes sénégalaises s’émancipent sur le marché du travail, les tâches domestiques constituent encore de loin leur principale occupation.
Mais qu’est-ce que cela a bien pu changer de réaliser un tel stage ? Je constate que l’enrichissement personnel que j’ai pu retirer de cette expérience est sûrement l’apanage le plus grand d’un tel périple. Ce stage aura servi à nourrir la conviction que le développement d’une société est possible, par le partage des ressources et par l’éducation. Et bien sûr, les sourires et les regards bienveillants qui nous sont dirigés, empreints d’espoir, évoquent toute l’importance de cette aide internationale.
Josée Langlois
Stagiaire Québec sans frontières 2004 à Kaolack, au Sénégal
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