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GRÈCE-LA RÉCOLTE DES OLIVES EN TERRE MINOENNE
Texte paru le 2005-11-01 dans Karactère

Nous sommes en territoire crétois, celui du giros pittas, du baklava, du café turc…..et bien sûr des olives…! En partance du Pirée, l’arrivée en bateau au port d’Hania, terre du labyrinthe du Palais de Knossos, du Mont Ida; celui de la présumée naissance du mythologique Zeus, permet de visualiser le paysage montagneux, aride et à la fois idéal pour la profusion des oliviers.

Si dès l’époque néolithique(7000 ans avant notre ère!) la Crète est occupée par des peuples venant d’Anatolie qui pratiquent la culture agraire et l’élevage, elle devient le berceau de la civilisation minoenne entre 2700 et 1200 avant notre ère. Elle domine alors toute la mer Égée jusqu’à Athènes. Cette civilisation tient son nom du roi Minos que l’on connaît par la célèbre mythologie du Minotaure, mi-homme mi-taureau, qui, enfermé au bout du labyrinthe indéchiffrable, se nourrit de chair humaine, tel est le châtiment des perdants à la guerre ou aux jeux d’Athènes, dévorés vivants par le géant étrange, décision de Minos. Mais l’absence du déchiffrement de leur écriture, le linéaire A, restreint considérablement la connaissance que nous avons de ce qui semble une brillante civilisation. Il reste l’art pour juger et la mythologie pour se souvenir : Icare, Ariane et Thésée. Bien qu’aujourd’hui les vestiges du palais sont en constante restauration, protégés par le patrimoine mondial, sa véritable architecture est difficilement reconstituable puisque détruite trop souvent par les guerres, mais aussi par un tremblement de terre amené par l’irruption du Volcan de l’île de Santorin. Pourtant quels apprentissages moraux nous viennent de cette contrée! Icare, par exemple, est la figure symbolique de l’aspiration des hommes à s’élever comme les oiseaux dans les airs, de l’ivresse de la découverte, de la démesure, celle de la volonté de s’affranchir des liens terrestres, il est le symbole de la témérité et du courage, mais aussi par la même explication cette mythologie s’avère un avertissement contre l’orgueil humain.

Mais non loin de son histoire passée, une civilisation vivante et actuelle vit toujours de la culture agraire. Point de départ pour ramasser des olives : Skinès. Les propriétaires d’oliviers y passent chaque matin pour choisir leurs travailleurs qui y feront la récolte manuelle des olives. Et mine de rien, quel travail de forcené! On secoue les arbres à l’aide d’un bâton afin que les fruits mûrs tombent sur le filet au sol pour qu’ensuite on remplisse des poches et des poches pleines d’olives. Si certaines olives sont cueillies pour la consommation immédiate, la majorité sera transformée. L’huile d’olive vierge par exemple est produite à partir d’olives incomplètement mûres. La récolte de l’olive verte qu’est l’olivaison débute donc dès novembre, alors que l’olive dite kalamata se cueille en décembre ou en janvier lorsque le fruit, en mûrissant, acquiert une couleur violacée puis brunâtre.

Ainsi, les Albanais y envahissent la miniature ville rurale espérant y travailler, jouant au « backgammon » ou écoutant la télévision au bar du coin lorsqu’on ne les choisit pas pour le travail de la journée. Irène nous dit qu’ils y arrivent en grand nombre pour venir y travailler. Rémunération entre 5 et 7 drachmes par jour(environ 25 dollars canadien, tarif de 1998 probablement convertit aujourd’hui en euros!), repas inclus….si la vie vous intéresse! Au menu : psomi bien sec, traduction pour les non-initiés : croûton de pain pour le petit-déj, patates ou lentilles pour le dîner et on festoie(!) avec un feta-spinach, comme les Grecques l’appellent, dans les meilleures des journées….à déguster sous les arbres de l’olivette et je vous l’assure : l’odeur dégagée par les oliviers est inoubliable…

Enfin, je vous le conseille pour une seule raison; quelle expérience humaine et surtout quel chemin sur l’apprentissage de la vie…


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