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PORTUGAL-L'AMOUR DU FADO
Texte paru le 2009-11-01

Homme libre, toujours tu chériras la mer.

Charles Beaudelaire

Sur la Côte riveraine du Portugal il fait bon vivre et c’est précisément de ce lieu, spécifiquement à Lisbonne, que moults découvreurs et explorateurs partirent à la recherche de la cité d’or, du thé ou tout simplement d’une terre luxuriante pour ne pas dire la luxure. Un majestueux et imposant monument est érigé à l’endroit même où l’ancre s’est levée de nombreuses fois. Bien que ce soit à Porto que l’on puisse déguster ce vin onctueux qui porte le même nom que la ville, le Portugal regorge de découvertes inopinées, comme Braga, qui sont des trésors parce qu’autant magiques que rafraîchissants.

C’est vrai que c’est souvent dans le hasard que l’on fait les plus belles découvertes. Les grandes villes, dont on entend parler, dont on sait, dont on connaît déjà quelque chose, induisent une attente. Alors que la découverte, elle, par sa créativité ajoute au plaisir sans se contenter de reproduire. C’est ainsi que Braga peut s’enorgueillir d’une riche histoire prouvée par son architecture marquante.

C’est après plusieurs années de lutte et uniquement depuis le 15 juillet 2007 que l’avortement est légalisé et donc dépénalisé au Portugal. Évidemment, nous le savons, le libre choix évoque pour la femme la possibilité de décider pour son corps et son esprit plutôt que d’être soumise à des diktats extérieurs. Et quand on a la possibilité d’enfanter dans un climat non-contraignant, il est plus aisé de croire que les enfants désirés et choisis vivront dans un climat plus serein. Évidemment, le choix n’en est pas toujours un. Il y a des problématiques difficiles, la santé de la femme, celle du foetus et du potentiel enfant, la contrainte lors de la fécondation: le viol, la pauvreté et j'en passe. Comme le philosophe Rawls le mentionne quant à la légitimisation de l’avortement: c’est en l’absence d’un projet parental concret que l’on trouve la force du libre-choix et donc de la légitimisation de l’avortement. Parce qu’un enfant doit être désiré, même si c’était par adoption et non par filiation, et doit pouvoir se développer normalement, et cela même sans égard à l’eugénisme, pour pouvoir aspirer à être heureux et contribuer à une vie sociale épanouie. Se donner le choix, c’est se donner des outils, des ressources. C’est être mature dans notre prise de conscience et de position dans les événements qui parsèment nos vies. Le sens critique, c’est une gradation dans l’argumentation. Parce que la science est peut-être agie, comme le suggère Freud, par une pulsion de mort. Pour vivre. Et pour vivre et non survivre, il faut être bien. Il faut se choisir.

Comme on le véhiculait déjà pendant le siècle des Lumières par la voix de Rousseau: « la liberté est la capacité d’un moi d’inventer le mode de vie qui lui convient en s’inventant lui-même dans une création de soi par soi ». Et pour cela, il faut aussi des mesures sociales pour informer et éduquer les femmes comme les hommes sur la sexualité, la contraception par exemple, mais aussi sur les problèmes de santé qui peuvent être une entrave à la vie ou au développement normal et serein d’une personne. Ainsi, si l’accès à l’avortement s’avère une avancée pour l’émancipation des femmes, c’est surtout tout ce qui entoure la possibilité d’un choix éclairé qui porte avec dignité le nom de liberté.

Mais sinon avec un verre de porto vieillit dans les historiques barils en fût de chêne, c’est aisément avec une tasse de « bica » à la main que l’on peut tendre l’oreille pour écouter une des choses les plus touchantes au Portugal : le fado. Ces poèmes chantés, qui veulent traduire une nostalgie voire une tristesse, sont, aussi par cet appel de la quête de l’absolu, cet inéluctable destin, également fort romantiques. Ils ont le pouvoir, si on s’investit suffisamment, de faire vivre les notes les plus sensibles en nous.

Le Portugal a donc une corde de plus à son arc de la liberté. Liberté d’esprit, liberté d’autonomie. Et si l’identité s’avère un peu le résultat du regard de l’Autre sur soi, il suffit de se donner la liberté d’exister dans un endroit défini, dans un groupe ou pas. La liberté, c’est être là où l’on veut être; là où notre existence voit ses ailes se déployer. Et c’est assez simple puisque le sourire est un bon indicateur pour voler, son plus puissant dénominateur s’appelle l’Amour.Et je n’ai aucun doute pour la côte portugaise. Même son plat quotidien, son irréductible poisson, dont on exporte les recettes au-delà de ses frontières, également outre-mer, est prédisposant aux tables conviviales, cette joie de vivre est expansive. Elle nivele vers le haut.


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