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NEZ FAIT POUR SENTIR!
Texte paru le 2008-02-01 dans Karactère

Œnologue, néophyte, tanins astringents, papilles enflammées, boisé avec grande jambe limpide, grand cru ou non, c’est en pouffant de rire que j’avale, puisque le vinophile boit le vin et ne fait pas que le déguster!, ma gouleyante gorgée quand j’entends un confrère murmurer « nez fait pour.. « snif, snif » sentir, nez fait pour…respirer!!!!!!! ». Il faut être de la génération « Passe-partout » pour comprendre instantanément le niveau et se tordre de rire.

Un des dieux les plus mystérieux de la mythologie grecque, ou romaine par extension!, est nul autre que Dionysos. Dieu de la renaissance et de la fécondité, mais aussi des vignes et du raisin, il est dans notre imaginaire toujours entouré de Bacchantes. Allez chercher pourquoi! Si vous disposez de temps, un passage par Pompéi offrira des réponses en images. Prêts pour l’incantation du culte?

Les cours de dégustation de vins, si on les prend pour la découverte, s’avèrent avant tout un plaisir à partager entre amis. Loin des cours dans un climat un peu trop éclairé et « m’as-tu vu », avoir un ami œnologue a aidé à la chaleur de ces soirées! Pendant une année, les joyeux lurons se retrouvèrent, à raison d’une fois par semaine, pour déguster et boire du vin.

Évidemment, ce loisir s’avère pour certains une activité de snobinards qui se plaisent à discourir et se complaire en regardant l’étiquette d’une bonne bouteille qui, de préférence, démontre sans transparence les sesterces exigés par sa confection. Au rancart fausses impressions! Soyez prêts à apprécier gouleyants gosiers! Bien sûr, il y a de bonnes bouteilles chères, trop chères pour ce qu’elles sont, et tellement belles dans leurs étiquettes. Bien sûr, le talent de votre odorat culinaire, passant des figues aux champignons, dévoilera votre véritable connaissance de l’alimentation ou vous l’apprendra, bien sûr votre capacité à acheter du vin sera aussi démontrée, puisque de bonnes bouteilles, il y a en pour tous les portefeuilles ou presque. Néanmoins cette activité s’avère surtout un moment d’échange entre amis, un partage des goûts, des impressions, une découverte de nos préférences vinicoles. Renouer le contact avec vos sens en vaut le voyage!

Dans un monde où la nourriture est scrutée à la loupe, un monde aseptisé, biologique, gastronomique et bien présenté dans notre assiette, pourquoi ne pas s’intéresser à nos préférences gustatives en matière d’accompagnement? Savez-vous ce que vous buvez? Savez-vous seulement quels types de cépages vous préférez? Millésimées ou non, certaines régions nous offrent une étonnante satisfaction. Et si le vin biologique a fait son apparition depuis quelques années, le vin équitable suit le pas! Certains vins sont certifiés par Transfair, notamment le vin bio Pinotage d’Afrique du Sud. Étonnant?

Il faut surtout avoir le goût de découvrir pour participer à une telle activité. Pour moi, l’envie commence inéluctablement lors d’une dégustation d’un vin moelleux après l’escalade du Salève dans le Valais et se concrétise quelques années plus tard face aux felouques bien identifiées, où il est de mise de déguster avant-midi!, à Porto. Le vinophile en plein air ou dans les chais! Quand la possibilité de ces cours s’est présentée, je savais que l’expérience serait profitable…à mon palais.

Bien que l’on y partage nos opinions et nos goûts, ces cours offrent une étonnante possibilité de connaissance des régions viticoles du monde en plus d’apprendre sur la confection et la fabrication de certaines méthodes. Ce ne sont pas que des discussions de salon, bien souvent cette activité socialisante ajoute à la culture puisque plus on connaît, plus on sait que l’on a à apprendre.

La morale de cette histoire : il faut apprendre à faire les choses pour soi. C’est le premier pas pour pouvoir offrir quelque chose à l’Autre. Parce qu’apprendre à déguster est inéluctablement d’abord et avant tout une affaire de curiosité et de plaisir. Baklava, truffe ou gorgonzola pour ajouter?


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