Ivre des découvertes dans les contrées lointaines, on oublie parfois de s’arrêter pour apprécier ces mêmes aspects pittoresques en notre propre pays. Et le Québec regorge de richesses rares. Pour avoir habité aux antipodes de ses zones limitrophes et en avoir sillonné le cœur, le Québec m’a non seulement touché, il est imprégné en moi, arborant au centre de mon identité un tatouage indélébile, même en exil. Ode à la mère Patrie.
C’est sûrement lorsque l’on connaît bien une contrée que l’on peut s’imprégner à la fois de ses disparités et de ses affinités. Parce que le regard est plus clairvoyant. Il faut dire que la réalité des femmes est ici tout aussi surprenante. Des fées, il y en a ici. Comme la mythologie le suggère, il y a des muses qui inspirent, des nymphes que l’on admire, des héroïnes armées pour le combat de la vie et des sorcières qui propagent de la magie blanche ou de la magie noire. On est plus clairvoyant en terre d’origine.
Le Québec, c’est inéluctablement des paysages à couper le souffle, assis sur les rochers en plein cœur du ressac, c’est l’inimaginable archipel de Ragueneau, c’est le rocher sur lequel on peut s’asseoir face au fleuve, Kamouraska derrière nous ou encore Percé lequel rocher on peut apprécier de loin. Le Québec ce sont les belles villes Magog, Saint-Sauveur ou encore Québec. C’est le champs de pissenlit de Sainte-Cécile de Masham ou l’énergisante rivière Saint-Maurice. Mais c’est surtout un endroit où il fait bon vivre.
Québec, c’est l’endroit idéal pour enfanter et y élever nos enfants. C’est connaître personnellement l’Arabe, notre boucher du coin, la Belge notre boulangère aux doigts de fée, c’est ne pas avoir à mentionner nos préférences pour la coupe à la poissonnerie ou se faire offrir en dégustation le nouvel arrivage à la fromagerie. Québec, c’est tout simplement ma patrie. Comme chaque ville, chaque pays devrait l’être pour quelqu’un.
Le Québec, c’est le parcours de femmes de convictions, c’est la possibilité d’avoir bientôt et enfin notre première Première Ministre de la nation, pléonasme obligé. C’est côtoyer des gens cultivés, c’est s’enrichir et se nourrir de ces relations. C'est savoir balayer le seuil de notre porte lorsqu'arrive le bouillon de culture des sorcières qui à l'encontre de leur pensée ne s'avère qu'un immense et répétitif potin. C’est donc les rencontres effervescentes à la magie blanche ou celles plus contraignantes à la magie noire, où l’on peut présomptueusement et sans prétention, présager de ce qui est à l’index avant même d’y être. C’est parier sur ce fait et gagner. C’est rigoler authentiquement ou regarder le spectacle pour la préparation de la potion des sorcières. La meilleure façon pour démasquer les sorcières c’est devenir un expert du regard. Adage de l’intelligence émotionnelle, le regard dévoile bien des choses. Il faut savoir que c’est par lui que tout commence, même la séduction. Alors si on vous regarde, vous êtes écouté, peut-être même désiré. Mais si le regard devient une entreprise collective, vous êtes peut-être partie prenante d’une potion de sorcières. C’est la dualité; la complicité, la belle connivence ou l’intrusion et la mésentente. C’est un peu ça connaître.
Le Québec c’est le tout et la partie. C’est l’environnement propice au développement. C’est l’attachement des premiers mois de vie qui font qu’on ne l’oubliera jamais et qu’on le recherchera toujours. C’est la sécurité qu’il nous offre, les soins désintéressés et généreux qu’il nous procure qui font que l’on s’y sentira toujours bien. C’est aussi, par les outils qu’il met à notre disposition, apprendre à faire les meilleurs choix. Être clairvoyant, distinguer la magie blanche de la magie noire. Pour tous ses citoyens, c’est le fondement même de leur identité. C’est l’affection inconditionnelle issue de cet attachement qui nous convie à la rencontre de ce que nous sommes véritablement. C’est le fort de nos valeurs les plus intrinsèques, le rappel de nos souvenirs à préserver. C’est la quintessence de notre genèse. Fort de l’estime de soi que l’on s’y est bâti, c’est faire des choix dans le clos des fées et s’allier l’inspiration, l’admiration et la force de réaliser nos ambitions. C’est refuser l’ombre de la potion aux portes de l’Hadès. Simplement parce qu’il nous a appris les possibles.
Parce que sur le chemin de la connaissance, un jour ou l’autre, chaque médaille rencontre son revers. De cette confrontation des idées, si la lumière blanche a la possibilité de jaillir, nous évoluons. Nous prenons notre autonomie.