À force de s’aventurer, on peut se perdre, c’est inéluctablement la meilleure façon de retrouver son chemin… ou encore, de le découvrir. Au volant de notre Fiat Panda, rien de plus qu’une petite boîte à biscuit, nous sommes perdus en territoire toscan dans la Vallée du Chianti. Mais puisque tous les chemins mènent à Rome, nous nous enfonçons dans la campagne traversant les champs de tournesols et les vignobles qui s’étendent à perte de vue. Mais l’Italie, ce n’est pas que le bon vin et le bon pain… c’est aussi la beauté des villes comme Florence, débordantes d’une architecture gothique et baroque, elles sont décorées d’immenses statues et de bâtiments qui témoignent de l’histoire, de la culture et qui donnent un cachet tout à fait unique aux rives de l’Arno. Et ce n’est pas qu’à Florence mais pratiquement dans tous les petits bourgs qui longent cette rive qu’on peut observer ce charme et cette beauté typiquement médiévale.
Mattinata. Qui ici, à des centaines de kilomètres de là, connaît Mattinata? Et pourtant ce petit village côtier demeurera pour toujours notre coup de cœur italien. Située aux abords de la mer Adriatique, à l’opposé de la côte si prisée de la méditerranée, Mattinata conserve sauvagement l’essence mafieuse des Pouilles. La Puglia qui nous a permis d’apprendre, au contact de ses habitants, la vraie Italie, celle dénudée de touristes, où on y mange, en compagnie du paysan, des amandes cueillies directement dans l’arbre et le pesce grillé, à tous les jours, avec un verre de vino rosso acheté directement à la fabrique. Mattinata est un village. Mais c’est à Mattinata que le coup de cœur se fonde comme une relation durable. C’est ici que l’on entre en contact avec les Italiens qui nous expliquent, en scrutant notre réaction, que la nuit, des bateaux accostent sur les côtes, déchargeant des quantités de femmes yougoslaves, en échange, semble-t-il, d’armes et de munitions. Sourcils froncés, ils me scrutent, regardant ma chevelure blonde, et nous demandent si nous n’avons pas peur de voyager illicitement avec un sac à dos au gré de la découverte… et heureusement la prudence demeurera, malgré tout et malgré l’Italie, la meilleure arme défensive et pacifique.
De toute évidence, ayant commencé notre périple à la frontière de la France à Ventimiglia, le coup de cœur pour l’Italie commence doucement et avant même d’arriver à Rome, nous sommes déjà imprégnés de toute l’histoire de l’art que supporte la culture italienne. Et l’histoire revit, dans les rues, des Étrusques aux « ave césare morituri te salutant ». L’émotion est forte et palpable en entrant dans la gigantesque cathédrale de Saint-Pierre de Rome, en se promenant dans les catacombes, en imaginant les activités quotidiennes au forum ou bien en contemplant le coliseum, cet endroit aux mille massacres.
Bref l’Italie c’est l’histoire de l’art mais aussi l’histoire qu’on se raconte, ce sont les paysages de la Sicile, de Pompéi et de la Toscane, c’est la nourriture et le bon vin, mais avant tout, ce sont les gens qui y vivent et qui nous amènent à apprécier et à découvrir ce pays dont ils sont si fiers…et avec raison!! Enfin, l’Italie regorge de richesses tellement diversifiées les unes des autres puisque les époques se chevauchent et que tous et chacun peut y trouver son intérêt. Et si les grandes villes font souvent clichées, ici, de façon incontestable, il ne faut pas les contourner.
En collaboration avec Pierre-François Pouliot.